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Racontez-nous vos débuts, comment avez-vous découvert votre don ?
C'est une vocation. A l'âge de 9 ans, j'ai découvert mon don et commencé à travailler seul. C'est comme si je savais exactement où j'allais, je pressentais qu'avec le temps j'allais devenir une star.
À 15 ans, je suis allé à Beyrouth, j'ai étudié la musique et j'ai participé à une émission qui s'intitulait “Studio El Fan” où j'ai décroché la médaille d'or. Je me souviendrai toujours du dernier jour de l'émission. Le lendemain, un dimanche, je suis descendu dans la rue et je ne pouvais presque pas marcher tellement les gens me reconnaissaient et m'arrêtaient.
C'est à partir de ce moment-là que j'ai compris : j'étais devenu une star.
Comment choisissez-vous vos chansons ?
C'est tout une question de feeling. Soit je sens la chanson soit je ne la sens pas. Je compte beaucoup sur mon instinct et sur ce que je ressens quand j'entends une composition ou des paroles pour la première fois.
Il faut que la mélodie et les paroles soient belles, il faut qu'elles me touchent. C'est aussi un goût certain pour la musique : je choisis ce qui me plaît, ce qui me va le mieux et c'est ce que vous entendez au final.
Vos albums suivent votre évolution dans la vie. Comment un chanteur se sent-il dans le monde de la guerre, par exemple quand vous avez fait le service militaire ?
C'était un changement radical dans ma vie mais je sais m'adapter très vite, et je suis avant tout un citoyen qui doit servir son pays. J'ai donné un an de ma vie, j'ai sacrifié mon art et ma personne pendant une année.
J'estime que chaque homme devrait avoir cette expérience : elle apprend l'importance du patriotisme et l'amour qu'on peut donner à son pays.
Vous écrivez ou composez quelques-unes de vos chansons ?
Non, je me contente de les choisir.
Quand vous voulez vous exprimer sur un sujet particulier, comme l'amour ou ce que vous avez vécu pendant cette année de service militaire, vous demandez des sujets précis aux paroliers ?
En général, les paroliers et les compositeurs avec lesquels je travaille savent ce que je veux et écrivent en conséquence. Je les écoute et je choisis deux ou trois chansons... ou parfois aucune, si elles ne me correspondent pas.
On a l'impression que vous avez vécu ce que vous chantez. Quelles sont les chansons réellement vécues?
Il n'est pas nécessaire de vivre ce qu'on chante. J'aime chanter et je le fais avec le coeur, c'est pour ça que je suis triste quand je chante “Tabki ettouyour”, par exemple. Je m'imprègne des paroles, je les ressens vraiment.
Préparez-vous un nouvel album ?
Oui, je suis en train de finaliser mon nouvel album, qui devrait comporter 9 chansons.
Vous y resterez fidèle à vous-même ou votre prochain album sera-t-il différent ?
On reconnaîtra mon style, c'est sûr, mais ce sera aussi différent. On entendra de nouvelles mélodies... mais je ne veux pas trop en parler, je veux laisser le public juger.
Allez-vous tourner de nouveaux clips ?
Je tourne mon nouveau clip dans un mois
Avez-vous prévu une tournée ?
Oui, j'ai des concerts à Dubaï, en Egypte, aux Etats-Unis et en Australie.
Sincèrement, quel est le public que vous avez le plus apprécié ?
Sincèrement et sans aucune hésitation, ça fait environ 13 ans que je chante et le meilleur public que j'aie vu de ma vie c'est le public tunisien.
Pour quelle raison ?
Je ne sais pas, je n'ai jamais vu un public qui aime et qui respecte autant l'artiste que le public tunisien.
Le festival de Carthage a toujours été le grand test pour tout chanteur. Comment vous êtes-vous senti sur cette scène mythique ?
L'amour des gens et leur passion pour l'artiste me donne une responsabilité énorme. Bien sûr, j'ai le trac, parce qu'il faut être à la hauteur de cet amour, il faut donner au public le meilleur de soi.
On pensait que vous alliez préparer une surprise pour le festival de Carthage ?
J'ai voulu donner aux gens ce qu'ils voulaient, les chansons qu'ils aimaient.
Que voulez-vous dire à nos lecteurs, à votre public ?
Je voudrais leur dire que tant qu'ils m'aimeront comme ça, je travaillerai dur pour les satisfaire et être toujours à la hauteur de leurs attentes. Leur amour me responsabilise beaucoup, c'est un public dangereux : il aime de tout coeur mais il peut ne plus aimer... et ça, ça fait peur.

